mardi 18 décembre 2007

Les dérapages d'une démocratie


Des policiers espagnols avaient interrogé une vingtaine de prisonniers à Guantanamo essentiellement marocains.Le Parti populaire (PP, droite), au pouvoir en Espagne entre 1996 et 2004,
a reconnu mercredi 14 février que des policiers espagnols s'étaient rendus plusieurs fois en 2002 dans le camp américain de prisonniers de Guantanamo à Cuba, à la suite d'informations du quotidien El Pais.Le porte‑parole pour les Affaires extérieures du PP, Gustavo de Aristegui, a reconnu que des policiers espagnols y avaient rencontré de présumés terroristes islamistes, tout en assurant qu'il s'agissait d'une "mission diplomatique" dont la justice avait été informée.Ces visites, a‑t‑il déclaré au Parlement, visaient à "apporter soutien et protection diplomatiques" aux détenus de ce camp qui affirmaient être de nationalité espagnole."La justice en a été informée, mais je ne sais pas si il y a eu autorisation", a précisé de Aristegui, écartant tout "interrogatoire illégal ou tortures" lors des visites des agents espagnols.Le quotidien El Pais (proche du gouvernement socialiste), a affirmé mardi 13 février que des policiers espagnols avaient interrogé une vingtaine de pri­sonniers à Guantanamo, essentiellement marocains, sans l'aval de la justice espagnole, sous le précédent gouvernement conservateur de José Maria Aznar.Les policiers espagnols y étaient accompagnés par des agents de la CIA, selon le journal.Ils ont notamment interrogé Ahmed Abderraman, originai­re de l'enclave espagnole de Sebta, surnommé le "Taliban espagnol", et Lahcen Ikassrien, un Marocain résidant en Espagne, capturé en 2001 en Afghanistan puis transféré à Guantanamo début 2002. Tous deux, renvoyés en Espagne en 2004 et 2005, ont été remis en liberté après avoir été innocentés par la justice espagnole.

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