vendredi 14 décembre 2007

Éducation





Inauguration de Dar Taliba à Aknoul
L'ADS finance un projet pour lutter contre la déperdition scolaire des filles
Publié le : 14.12.2007 18h24




La commune de Aknoul dans la province de Taza s'est enfin vu doter, le jeudi 13 décembre, de sa toute première «Dar Taliba».

Porté par l'Association musulmane de bienfaisance Lalla Meryem de Taza, ce projet, qui a nécessité un investissement global de 4.371.029 DH, est le fruit d'un partenariat entre l'ambassade du Japon, qui a contribué à hauteur de 797.000 DH, l'Agence du développement social (ADS) qui a financé le projet à hauteur de 900.000 DH, et l'Agence du Nord. Cette nouvelle structure est dotée de quatre dortoirs, à raison de 20 personnes par dortoir, quatre locaux pour la surveillance, des blocs sanitaires, deux salles de lecture, un réfectoire, une salle de prière et enfin des locaux pour l'accueil et l'administration.«L'objectif du projet est d'améliorer les conditions de scolarité de la fille rurale et de réduire le taux de la déperdition scolaire. 80 filles issues des sept communes rurales avoisinantes vont pouvoir bénéficier de Dar Taliba. Il y avait un besoin urgent. Jadis, les parents étaient souvent obligés de retirer leurs filles de l'école à cause du problème d'hébergement. Aujourd'hui, grâce à Dar Taliba, les familles sont rassurées et cela les encouragent plus à scolariser leurs enfants en particulier les petites filles», explique Souaki Chafik, coordinateur régional de l'ADS dans la région d'Al-Hoceïma. Concernant la scolarisation dans la commune de Aknoul, il faut signaler qu'il n'y a qu'un seul établissement d'enseignement collégial qui compte 687 élèves, dont 243 filles. Le taux de scolarisation est, quant à lui, de 56,6% pour les garçons et de 41% pour les filles. «Quant au taux de déperdition, spécifique au collège, il est de 14,8 % pour les garçons et de 7,3% pour les filles», précise Souaki Chafik L'abandon scolaire est, en effet, un véritable problème au Maroc, car près de 200.000 élèves sont déscolarisés avant la fin du cycle primaire. Le nombre d'enfants âgés de 9 à 15 ans n'ayant jamais fréquenté l'école ou l'ayant abandonnée à un âge précoce s'élève à un million et demi.C'est un chiffre alarmant puisqu'il s'agit d'un enfant sur trois qui est en dehors de l'école. Certes, l'indicateur de scolarisation a enregistré, depuis 1999, une évolution notable, mais celle-ci reste faible par rapport aux objectifs tracés par la Charte nationale de l'éducation et de la formation. D'après les chiffres, parmi les enfants non scolarisés ou déscolarisés âgés entre 12 et 15 ans, 58,4 % font partie du sexe féminin. La pauvreté constitue le facteur déterminant dans les décisions de rupture scolaire. Les parents préfèrent souvent retirer de l'école leurs enfants pour les intégrer très tôt dans le monde du travail afin qu'ils puissent aussi participer aux frais de la maison. Toutefois, la pauvreté n'est pas la seule cause de déperdition scolaire.Il a été démontré à plusieurs reprises que l'analphabétisme, l'enclavement des douars principalement le monde rural et le manque de structures d'hébergement à proximité des collèges sont autant de raisons expliquant l'abandon scolaire. D'où l'importance de ce projet créé à Aknoul et qui devrait se généraliser au plus vite ! ----------------------------------------------------
Le prix de la non scolarisationD'après une étude du secrétariat d'Etat à l'Alphabétisation et à l'Education non formelle en coopération avec l'Unicef publiée en 2006, la non scolarisation au Maroc a un coût. Celui-ci est estimé à 1% du PIB, soit 2.806.500.000 DH. Selon l'étude, le principe de la gratuité de l'enseignement mentionnée dans la Charte de l'éducation et de la formation n'est pas tout à fait vrai. Il ne couvre pas la totalité des coûts supportés par les familles. On estime à 500 DH les frais annuels de scolarité. Cela représente 25 % du Smig en moyenne. C'est le coût de la rentrée scolaire qui est très lourd pour les familles à revenus limités. Il est indispensable d'y ajouter 3.600 DH comme coût d'opportunité annuel du travail de l'enfant. Aussi, le coût unitaire annuel de l'éducation est-il évalué par l'étude à 4.313 DH. Et le coût unitaire annuel pour la société (coûts privés budgétaire et communautaire) est de 8.413 DH. Les déficits de l'éducation contribuent à enraciner davantage bon nombre de problématiques comme le chômage et la pauvreté. L'école est un moyen de promotion de la mobilité sociale. Chaque année d'étude supplémentaire passée dans le primaire peut procurer 12,7 % d'augmentation de salaire.Au niveau secondaire, ce chiffre est moins important. Il est de 10,4 %. Ce gain est plus élevé d'environ un point de pourcentage pour la fille que ce soit au niveau primaire ou collégial.

Par Dounia Z. Mseffer LE MATIN

1 commentaire:

box20 a dit…

bonne idee , bon courage .........