lundi 4 février 2008

police academy!!!!!!!!!!!!!!!!!!




Police Academy



C’est bien que les policiers fassent leur séminaire à Kenitra. J'espère du moins qu'ils ont eu à parler de la façon dont ils doivent traiter les citoyens.
Car à voir les choses de près, et je précise qu'il n'est même pas très nécessaire de trop se rapprocher, les choses ne sont pas ce qu'elles devraient être dans un pays qui se dit démocratique, c'est‑à‑dire un pays où c'est l'Etat qui est au service du citoyen et non l'inverse. Un exemple simple et il n'est pas des plus dramatiques: Une femme se fait arrêter par un policier à la sortie de Settat pour excès de vitesse. Rien de mal. Le policier s'amène doucement, lui demande ses papiers et s'en retourne à son point de guet pour terminer une conversation déjà entamée avec un autre conducteur. Entre temps, la femme attend. L'attente dure. Jusqu'à ce que le policier revient, lui tend le procès verbal rédigé et signé. Signé? Plutôt deux fois qu'une, puisque le représentant de la loi a estimé utile ou sans doute plus rapide de signer à la place réservée au conducteur. Voilà le travail, la dame devait régler 400 DH sinon elle allait se faire retirer le permis. La discussion qui a eu lieu à cet endroit est digne d'un film sur le harcèlement. Quant la conductrice a demandé au policier pourquoi il a rédigé le procès sans lui demander quoi que ce soit, ni sans connaître sa version, il lui a tout simplement répondu: "parce que tu n'as pas daigné nous considérer". C'est vrai que traduit de la sorte,, cela ne donne pas la véritable image de la situation, mais en Arabe c'était ça: "ma bghitich thachih lina". C'est un langage d'un représentant de l'autorité, d'un représentant de la loi. On ne va pas se demander pourquoi les citoyens rechignent à respecter le code de la route. C'est une autre histoire. Donc notre policier Mohamed Charif de son nom a signé à la place de la conductrice ce qui représente un acte délictueux. Trois jours plus tard, la conductrice est revenue à Settat pour payer l'amende et récupérer le permis. La totale! Elle a commencé par chercher le lieu où s'entassent les permis et ce n'était pas facile. Aucune indication, aucun renseignement disponible. Il fallait demander aux agents.A la préfecture, un policier lui a jeté à la figure que le service en question se trouvait à quelques rues plus loin. Retour, recherche, Eureka!. Elle monte les quelques escaliers mal entretenus et entre dans une pièce qui pourrait indiquer qu'on se trouve dans dans un taudis abandonné. Un autre policier, lui dit, avec l'air de quelqu'un qui a vu entrer une chèvre dans un salon de thé, qu'elle devait ressortir et entrer par la porte d'à côté. Cette porte était facile à trouver mais il n'était pas facile de pénétrer dans ce local sale, décati et plein de citoyens attendant, dans un désordre de souk de campagne, la délivrance de leur carte nationale. Il fallait traverser et monter encore quelques escaliers. En haut, il y a des bureaux, elle demande à un policier qui lui répond enfin qu'elle est à la bonne enseigne. Il cherche le permis, le trouve, demande les 400 DH, remplit un formulaire et lui demande de signer. Elle signe, prend son permis et demande si le policier avait le droit de signer à sa place. Non lui a répondu l'agent. Au moins c'était clair. Comment pouvait‑elle faire pour poursuivre le policier? Là, pas de réponse. Solidarité de corps. Normal. Pourquoi les policiers se comportent‑ils de la sorte? Parce que les fonctionnaires ont toujours eu l'impression d'être les supérieurs des citoyens. Ils ont le droit de les gronder, des les insulter, de les maltraiter, de les pousser... C'est bien sûr l'histoire de la relation de l'autorité avec le citoyen. Une habitude dure à décrotter. Lorsqu'on entend parler les responsables, on a l'impression que tous les services sont impeccables et que chaque fois que le citoyen s'adresse à la police, il est traité comme un citoyen. Sur le terrain, c'est une autre réalité. Le policier a le droit de signer le procès verbal, il a le droit de dire que vous être en infraction, même si vous ne l'êtes pas et au jeu de votre parole contre la sienne, c'est lui qui aura le dessus. S'il dit que vous êtes en infraction, on le croira même si vous affirmez que c'est faux. Tout ce que vous récolterez c'est peut‑être un outrage à fonctionnaire qui vous enfoncera davantage. Il faut mentionner que chez nous lorsque le policier vous dit que le radar vous a eu, il n'aura pas besoin d'apporter la preuve au tribunal. Ce dernier vous convoque non pas pour vous entendre mais pour vous obliger à payer ce que le policier a décidé. C'est maintenant la Justice qui est au service de la police alors que dans un régime démocratique le policier ne fait qu'appliquer les décisions judiciaires. Voilà pour ceux qui parlent des droits de l'homme.C'est suffisant je pense pour modérer leur enthousiasme. Pourquoi la 'voix" du policier est­elle supérieure à 'la voix du citoyen? Pour quelle raison? Qui est au service de qui? Les démocrates diront que c'est la police qui est au service du citoyen. Nous avons malheureusement chaque jour la preuve que ce n'est pas vrai. C'est pourquoi les démocrates ne comptent pas uniquement sur le bon vouloir des policiers pour bien traiter les citoyens. Ils ont mis en place un système implacable qui empêche tout abus: les préfets de police sont élus au suffrage universel. Comme sont élus les gouverneurs. C'est cela qui fait la différence entre un pays démocratique et un pays qui ne l'est pas. Ce ne sont pas les déclarations et les discours. Ce sont les actes institutionnalisés qui garantissent les droits des citoyens. Une petite visite à la police de Settat, en tant que citoyen normal, donnera une idée sur le chemin qui nous reste à faire pour atteindre la démocratie. Le Maroc qui a hérité du système français n'a vraiment pas fait une bonne affaire.

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